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mercredi 24 aout 2005,
19h17
Iran: le
parlement rejette quatre ministres du président, dont celui du
Pétrole
TEHERAN (AFP) - Le parlement iranien a signifié mercredi au président
Mahmoud Ahmadinejad qu'il devrait composer avec les autres forces
politiques en refusant la confiance à quatre de ses candidats aux postes
de ministres, dont celui du Pétrole. Bien
que tous les pouvoirs soient entre les mains des conservateurs depuis la
victoire présidentielle de M. Ahmadinejad et que le parlement ne fasse pas
exception, les députés ont dénié la confiance à Ali Saïdlou pour un poste
aussi stratégique que celui de ministre du Pétrole du
deuxième pays producteur de l'Opep.
Ils ont fait de même avec Ali-Akbar Ashari, Seyed-Mehdi Hachémi et
Alireza Ali-Ahmadi pour l'Enseignement, les Affaires sociales et les
Coopératives. Les 17 autres ministrables ont été approuvés. C'est un
amalgame d'ultras, aux postes politiques comme l'Intérieur, les
Renseignements et la Culture, et de technocrates qui s'installe au
gouvernement.
Le chef de l'Etat, qui passait sa première épreuve de politique
intérieure, a trois mois pour compléter cette équipe en proposant de
nouveaux noms pour les sièges non-pourvus.
La compétence de M. Saïdlou, un quasi-inconnu dépourvu de toute
expérience dans le secteur pétrolier, a été violemment contestée pendant
les quatre jours de débats parlementaires.
M. Ahmadinejad avait pourtant une dernière fois jeté son poids dans
la balance en faveur des quatre victimes annoncées du vote.
Il a décrit son cabinet comme "supérieur à tous les précédents par
ses compétences: avec lui, le cercle des responsables traditionnels est
brisé et c'est une nouvelle génération de responsables pieux et
révolutionnaires" qui accède aux ministères, a dit le premier président
non-religieux depuis 1981 et les premières années de la République
islamique.
A propos de M. Saïdlou, il a affirmé avoir "toute confiance dans
ses capacités et son honnêteté".
Mais, pour le député Ali Asgari, "on ne joue pas avec le pétrole".
Les hydrocarbures représentent 80% des recettes d'exportation.
"C'est une question aussi bien économique que politique. Quand nous
menaçons les Européens dans les négociations (sur le nucléaire), notre moyen
de pression, c'est le pétrole", a
insisté M. Asgari. "Je pense que son inexpérience créerait les mêmes
problèmes que ceux rencontrés par la précédente administration", a-t-il
dit.
Si les 290 députés n'ont pas apprécié que M. Ahmadinejad leur
soumette une liste d'inconnus, ils n'ont pas bien pris non plus qu'il
néglige certaines fractions de droite.
Trois des candidats rejetés, dont M. Saïdlou, figuraient dans son
équipe quand il était maire de Téhéran.
"J'ai l'impression qu'on a confondu le ministère du Pétrole avec la
municipalité", a dit M. Asgari.
Le député Reza Talaie-Nik a laissé entendre à l'AFP que le
parlement, inquiet de ne pas paraître aux ordres, entendait être mieux
traité par celui qui déclarait mercredi qu'il "gardera personnellement
l'oeil sur tous les responsables, en particulier les ministres".
Le vote peut inspirer "une interaction plus logique du gouvernement
avec le Majlis" (Assemblée), a dit M. Talaie-Nik.
"Cela ne doit pas être considéré comme une insulte pour M.
Ahmadinejad", a déclaré le président du parlement Gholam Ali Hadad Adel,
"c'est un signe de l'indépendance des organes du régime".
Les débats ont cependant révélé qu'au-delà de la méthode, la
politique annoncée pouvait être contestée, par exemple pour l'utilisation
de la manne pétrolière.
"Ce programme fait l'effet d'une succession de bonnes paroles, il y
est plus question d'idéaux que de stratégies", a relevé le député Emad
Afrough après que M. Ahmadinejad eut exposé un programme vilipendant
l'Occident et le libéralisme culturel.
Ces propos renforcent les signes d'un durcissement après les années
de libéralisation sociale. Les réformateurs du parlement ont préféré le
silence. Le nouveau ministre de l'Intérieur, le religieux Mostafa
Pour-Mohammadi, n'en a pas moins été attaqué pour son passé aux
Renseignements.
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