JERUSALEM (AFP) - Le président américain George W. Bush a refusé
d'exclure le recours à la force contre l'Iran à la suite de la décision de
ce pays de reprendre ses activités de conversion d'uranium, lors d'une
interview à la télévision publique israélienne diffusée
vendredi.
"Toutes les options sont sur la table. Le recours à la force
est la dernière option pour un président. Vous savez que nous avons
utilisé la force dans un passé récent pour assurer la sécurité de notre
pays", a affirmé le président Bush.
Interrogé sur la possibilité que les Etats-Unis attaquent les
installations nucléaires iraniennes, le président a ainsi fait allusion à
l'intervention américaine.
"Je ne veux y recourir (à la force) qu'en dernier ressort pour
assurer la sécurité du pays et offrir aux gens l'occasion de vivre dans
des sociétés libres", a ajouté le président américain.
L'Iran a brisé mercredi les scellés sur son usine de conversion
d'uranium d'Ispahan en vue de son redémarrage complet. Les Occidentaux,
rendus méfiants par 18 ans de dissimulations iraniennes, craignent que ce
geste ne mène vers une nouvelle prolifération nucléaire.
Une résolution proposée par les Européens et adoptée jeudi par les
35 pays du Conseil des gouverneurs, l'exécutif de l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA), "exprime sa vive inquiétude devant la
décision de l'Iran de reprendre ses activités de conversion d'uranium" et
lui demande de "suspendre toutes les activités liées à l'enrichissement
(d'uranium)".
Le directeur général de l'AIEA Mohamed ElBaradei devra faire un
rapport sur ce sujet le 3 septembre à Vienne.
Selon des diplomates, si Téhéran refuse et poursuit la conversion -
une étape vers l'enrichissement de l'uranium alors potentiellement
militarisable - le risque existe ensuite d'un transfert du dossier au
Conseil de sécurité de l'Onu pour de possibles sanctions. Une option que
préconise Washington depuis longtemps.
Un des hauts dignitaires du régime islamique, Akbar Hachémi
Rafsandjani, a souligné vendredi que la poursuite par l'Iran d'activités
nucléaires ultra-sensibles est "irréversible".
Israël a pour sa part pressé les Etats-Unis et l'Union européenne
de "ne pas faire preuve de faiblesse" dans l'épreuve de force engagée avec
l'Iran.
"Si la communauté internationale ne réagit pas, les Iraniens vont
surmonter les difficultés technologiques dans le processus de production
d'uranium enrichi et pourront produire des bombes qui menaceront non
seulement Israël mais l'ensemble du Moyen-Orient, voire même l'Europe et
les troupes américaines dans la région", avait déclaré mardi à l'AFP un
haut responsable à la présidence du Conseil, qui a requis l'anonymat.
En mars, le Premier ministre israélien Ariel Sharon avait affirmé
que son pays n'avait pas l'intention d'attaquer les installations
nucléaires iraniennes et privilégiait des pressions internationales pour
amener l'Iran à renoncer à un armement nucléaire.
L'aviation israélienne avait détruit en 1981 la centrale nucléaire
irakienne d'Osirak, près de Bagdad.
Israël n'a jamais reconnu disposer d'un arsenal nucléaire, mais des
experts étrangers affirment qu'il s'est doté de 200 ogives nucléaires. Et
l'Etat hébreu refuse de signer le Traité de Non-Prolifération Nucléaire.