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Depuis 2003, les représentants indiens et iraniens ont placé au centre de leurs discussions
le renforcement des relations bilatérales
dans les domaines des échanges économiques et commerciaux et des investissements.

Les résultats obtenus dans le domaine économique sont importants
mais restent cependant en deçà des potentialités des deux pays .
En effet, entre 1993, année de la visite à Téhéran du Premier ministre indien Narasimha Rao et 2003,
le volume du commerce bilatéral indo-iranien est passé de 465 millions de dollars à 1,4 milliards de dollars.
New Delhi est certes devenue un partenaire commercial important pour Téhéran mais en 2003,
elle se situait cependant loin derrière les principaux partenaires commerciaux de l’Iran que sont
l’Union européenne qui représente environ un tiers du total des échanges commerciaux
de la République islamique, le Japon, la Chine, la Corée, les Émirats arabes unis , la Turquie et la Russie.

Cette situation pourrait cependant rapidement évoluer
en raison de l’essor des relations énergétiques indo-iraniennes.
Outre son marché, l’Iran offre en effet à New Delhi un accès aux hydrocarbures
dont elle a besoin pour alimenter son développement économique.
L’Inde est effectivement très dépendante en matière énergétique.
Dans le domaine pétrolier, elle doit ainsi importer 70 % du pétrole qu’elle consomme.
Elle est donc très intéressée par le développement de relations avec Téhéran dans ce domaine.

Du côté de l’Iran, l’Inde est perçue non seulement :
. comme un marché potentiellement important pour les exportations d’hydrocarbures
. mais aussi comme une possibilité de diversification de ses partenaires dans le domaine énergétique.

Par ailleurs, l’Inde peut à la fois investir dans le développement de nouveaux champs pétroliers
et offrir à la République islamique la possibilité d’accès à son secteur de technologies modernes.

Dans le secteur des hydrocarbures, les deux pays ont signé en mai 2003 un accord de livraison
à long terme de gaz naturel liquéfié (GNL) et de pétrole (100 000 barils /jour pour une période d’essai d’un an).
Mais un désaccord sur le prix du GNL a cependant divisé les deux partenaires bloquant sa réalisation.
Après plus d’une année et demi de discussions, New Delhi et Téhéran ont finalement trouvé un terrain
d’entente, la République islamique utilisant l’intérêt indien pour son pétrole
afin de l’amener à accepter parallèlement un nouvel accord sur la livraison de gaz naturel liquéfié (GNL).
L’Iran devrait ainsi exporter, à partir de 2008, 5 Mt par an de gaz naturel liquéfié
vers l’Inde pour une durée de 25 ans.

Ce dernier accord a été signé parallèlement à un protocole d’accord pétrolier
portant sur la participation de compagnies indiennes au développement de champs pétrolifères onshore iraniens.
Il accorde à l’Inde 20 % des participations du gisement de Yadavaran
(situé dans la province du Khouzistan au sud-ouest de l’Iran)
ainsi que 100 % des participations du champs de Jufeir.
Ce protocole d’accord est complémentaire à un autre accord signé entre Téhéran et Pékin
en octobre 2004 accordant à la compagnie chinoise Sinopec 50 % des participations du champ de Yadavaran,
le reste étant contrôlé par la Nioc, la Compagnie nationale du pétrole iranien.

Ce schéma ouvre ainsi la porte à la participation de l’Inde au secteur pétrolier iranien
mais aussi à une coopération triangulaire Pékin-New-Delhi-Téhéran
dans le domaine de l’exploration et de l’exploitation pétrolière en Iran.

Outre ses aspects économiques qui ouvrent donc la voie à un renforcement du volume d’échanges indo-iranien,
ce montage est également très intéressant pour Téhéran sur le plan politique.

En s’associant à ces deux puissances asiatiques montantes dans le domaine stratégique du pétrole,
Téhéran cherche à élargir ses options diplomatiques et place Washington
dans une position délicate puisqu’elle se retrouve confrontée au problème de l’application éventuelle
de sanctions à l’encontre de l’Inde et de la Chine pour leurs activités pétrolières en Iran.

Outre le pétrole, des négociations sont également menées entre New Delhi et Téhéran
afin de trouver un moyen de livrer du gaz naturel iranien à l’Inde.
De l’avis de nombreux experts, l’Iran, qui possède les deuxièmes réserves de gaz de la planète
– soit 15 % des réserves mondiales et 44 % de celles du Moyen-Orient –,
est effectivement géographiquement le fournisseur gazier le plus commode
et le plus économique pour alimenter le marché indien
dont les perspectives de croissance semblent importantes.


Sources :
IRAN - REGARD VERS L'EST: LA POLITIQUE ASIATIQUE DE LA RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE
Mohammad-Reza Djalili et Thierry Kellner
RAPPORT DU GRIP 2005/2

© Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (GRIP)

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