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Finistériens émigrés en Algérie au XIXe siècle
(Série "M" aux Archives départementales de Quimper)


Nota : l'index de cette note est inclus dans les listes de patronymes (référence "29-alg-2")
Les fonds (série "M") conservés aux Archives Départementales du Finistère à QUIMPER sont décevants pour ce qui concerne les recherches sur les finistériens ayant émigré en ALGÉRIE au XIXeme siècle. Ces fonds sont lacunaires, ne couvrent que des périodes courtes et, de plus, les registres des "passeports pour l'intérieur" n'ont pas été déposés aux A.D. mais conservés par les communes qui les tenaient, quand ils n'ont pas été détruits.

Pour les années 1849 / 1850, l'on trouve toutefois quelques "demandes de passages gratuits pour l'ALGÉRIE" mais sans que l'on ne sache si ces demandes ont abouti et si les requérants ont bien quitté le Finistère.

Ces demandes se trouvent sous la cote 6M879 et concernent :

le 12 janvier 1849 :
- CARDALIAGUET, de PONT L'ABBÉ, (prénoms et âges omis), menuisier. Part pour l'ARBA, province d'ALGER.

le 14 février 1849 :
- LE HÉTET René, de QUIMPERLÉ, (âge omis), maçon. Destination en ALGÉRIE non indiquée.

- LE CORRE Michel, de PLOMEUR, (âge omis), journalier aide cultivateur, qui voyage avec sa famille. Destination en ALGÉRIE non indiquée.

le 15 février 1849 :
- DIQUÉLOU Yves Corentin, de PENMARCH, (âge et profession omis), qui voyage avec sa famille. Destination en ALGÉRIE non indiquée.

le 26 février 1849 :
- CAMPION Jean Marie, né le 14 floréal An X à QUIMPERLÉ. Ouvrier tanneur, veuf sans enfant, il part pour exercer le métier de terrassier. Destination en ALGÉRIE non indiquée.

le 13 mars 1849 :
- Madame BOUTIER Perrine Joséphine, de QUIMPER, (âge omis). Part pour rejoindre sa soeur et son beau frère. Destination en ALGÉRIE non indiquée.

le 14 avril 1849 :
- AUTRET Guillaume, de GOULIEN (âge omis), cultivateur. Part avec sa famille. Destination en ALGÉRIE non indiquée.

le 4 juin 1849 :
- DIVERRES Jean, de LANDERNEAU, âgé de 20 ans (° ca 1829), garçon laboureur, qui voyage avec sa mère. Destination en ALGÉRIE non indiquée.

- HAMON Jean, de LANDERNEAU, âgé de 37 ans (° ca 1812), profession non indiquée, qui voyage avec sa femme et ses six enfants. Destination en ALGÉRIE non indiquée.

- GOURVES Yves, de LANDERNEAU, âgé de 50 ans (° ca 1799), cultivateur, qui voyage avec sa femme et ses trois enfants (deux garçons et une fille). Destination en ALGÉRIE non indiquée.

- LE MOAL (prénom et âge omis), de LANDERNEAU, garçon laboureur. Destination en ALGÉRIE non indiquée.

le 28 août 1849 :
- LE BIHAN Louis Marie, de LAMBÉZÉLEC (âge omis), ferblantier, qui voyage avec sa famille. Destination en ALGÉRIE non indiquée.

le 10 octobre 1849 :
- CHICONNEAU épouse CLÉRO, de QUIMPERLÉ, âgée de 31 ans (° ca 1818), qui voyage avec ses quatre enfants. Destination en ALGÉRIE non indiquée.

- LEHETEL René, de QUIMPERLÉ, âgé de 23 ans (° ca 1826), serrurier. Destination en ALGÉRIE non indiquée.

le 19 février 1850 :
- LE ROUX Guillaume Julien, de QUIMPERLÉ, âgé de 44 ans (° ca 1806), ferblantier. Part avec sa famille composée de dix personnes. Destination en ALGÉRIE non indiquée.

Toujours sous la cote 6M879 et pour l'année 1854, l'on trouve la lettre retranscrite ci-après et par laquelle le maire de CONCARNEAU répond au Préfet du Finistère au sujet d'un certain Sieur DELMAS (prénom et âge omis), candidat à un "passage gratuit pour l'ALGÉRIE" :
"CONCARNEAU, ce 27 juillet 1854.

Monsieur le Préfet,

J'ai l'honneur de répondre aux renseignements que vous désirez avoir sur le S(ieur) DELMAS. Il y a plus de deux ans qu'il est de retour de l'ALGÉRIE où il parait qu'il s'est bien comporté d'après son livret. Il appartient à une honnête famille d'artisan d'ici; son père en mourant lui a laissé 2.000 francs qu'il a mangé par sa conduite d'ivrogne, il fait la désolation de sa mère et de sa femme, heureusement qu'il n'a pas d'enfant.

Vous rendriez, Monsieur le Préfet, un grand service à ces deux femmes et à notre commune si vous pouviez l'expatrier, c'est un excellent ouvrier (NB : souligné par moi !)."

En septembre 1871, un État des "Passeports pour l'intérieur", délivrés dans l'arrondissement de BREST, signale le départ pour l'ALGÉRIE de :
- JAOUEN Joseph, de LANDÉDA, âgé de 23 ans (° ca 1848), matelot des douanes, à destination d'ALGER.

L'année suivante, en février 1872, un État des "Passeports pour l'intérieur", toujours délivrés dans l'arrondissement de BREST, signale le départ pour l'ALGÉRIE de :
- OGUER Jean Marie, de LANDÉDA, âgé de 23 ans (° ca 1849), cultivateur, à destination d'ALGER.

En 1879, un "État des individus expatriés sans esprit de retour pendant le 3eme trimestre 1879", toujours établi par la Sous-Préfecture de BREST, indique le départ pour ALGER de :
- JOINNEAU Louis, âgé de 52 ans (° ca 1827), boulanger cultivateur,

- son épouse née MOREAU Clarisse, âgée de 47 ans (° ca 1832),

- et de leurs six enfants Louise, âgée de 24 ans (° ca 1855); Marie, âgée de 20 ans (° ca 1859); Eudoxie, âgée de 18 ans (° ca 1861); Charlotte, âgée de 12 ans (° ca 1867); Clarisse, âgée de 7 ans (° ca 1872) et Georges, âgé de 4 ans (° ca 1875),

ainsi que de
- LE MOINE Auguste, âgé de 35 ans (° ca 1844), domestique,

- et LE MELL Jean Yves, âgé de 28 ans (° ca 1851), domestique.

Les archives des années 1891 / 1892 (cote 4M380) sont beaucoup plus intéressantes pour ce qui concerne l'émigration de finistériens en ALGÉRIE puisqu'elles font état de la délivrance de "passages gratuits" pour PHILIPPEVILLE et COLLO à 30 marins pêcheurs dépendant de l'Inscription Maritime de CONCARNEAU. Ces marins pêcheurs sont accompagnés de 12 épouses, 36 enfants et 9 parents , soit un total de 87 personnes.

Cette émigration fait l'objet d'une note spécifique.

Après janvier 1892, l'on ne trouve plus trace aux Archives Départementales de QUIMPER, dans la série "M", de délivrance de "passages gratuits" pour l'ALGÉRIE ni d'expatriations de finistériens au MAGHREB.

En conclusion:

- Il est très difficile, à partir des documents conservés aux A.D. de QUIMPER, de quantifier, ne serait-ce qu'approximativement, l'émigration des finistériens en ALGÉRIE au XIXeme siècle et/ou d'établir une liste exhaustive des migrants. Mais, bien qu'elle ne soit pas comparable numériquement aux migrations espagnoles ou italiennes, et, pour la France, à celles des Alsaciens Lorrains, des Provençaux ou des Corses, l'émigration finistérienne vers le MAGHREB a existé.

La série "M" des A.D. de QUIMPER, même si elle était moins lacunaire, ne serait d'ailleurs pas une source complète pour les recherches en cause car elle ne concerne en fait que les civils finistériens, plus ou moins sans ressources, partis de l'autre côté de la Méditerranée "avec l'aide de l'État". Cette série ignore en effet les finistériens disposant de biens et intéressés par des investissements ou un emploi outre mer, de même que les militaires et les marins de la Marine Royale - professionnels ou accomplissant leurs obligations militaires -, qui ont séjourné en ALGÉRIE pour des motifs de carrière ou d'affectations ainsi que les fonctionnaires venus sur place à la suite de mutations.-
Relevé par Pierre d'OUTRESCAUT, Juillet 1998

 

 
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